Manuscrit du 11 mai 1664

(Archives ACPM – Fonds Aulneau 1 E 31/1)

Ce manuscrit a été récemment retrouvé et nous a aimablement été communiqué par le président de l’association culturelle du pays mareuillais (ACPM). Il est reproduit dans un bulletin édité par l’ACPM. Cet acte notarié est un état des lieux de Chaligny lors d’un fermage entre Henry Regnon de Chaligny (son père Hélie est décédé cette année là) et Jacques de la Douespe, fermier.

Manuscrit du 11 mai 1664

Aujourd’hui onzième jour du mois de mai 1664, pardevant nous notaires soussignés de la châtellenie de Bessay, se sont en leur personne établis en droit et soumis messire Henry Regnon chevalier seigneur dudit lieu d’une part, et noble homme Jacques de la Doespe sieur de la Robellinière, fermier de la maison noble de Chaligné et y demeurant et ledit seigneur de Chaligné en la maison noble de la Lardière, paroisse du Bourg sur la Roche. Lesquelles parties en conséquence de la  ferme ci devant faite par ledit seigneur de Chaligné au dit sieur  de la Doespe de la dite maison noble de Chaligné et ce qui en dépend, elles ont  vu ensemble en quel état sont les lieux de la dite maison et  appartenances pour et aux fins de les laisser en  pareil état par ledit sieur de la Doespe à la fin qu’expirera ladite ferme.

Et ont commencé par la grande et principale porte de ladite maison, laquelle porte s’est trouvée en bon état et fermant à clef, avec la petite porte qui y est joignant, laquelle s’est trouvée un peu usée par le bas, y ayant à icelle deux verroux par le derrière.

Et de là les parties seraient montées en la chambre au-dessus lesdites portes où il se serait trouvé deux piles de mesrain, l’une à faire pipes et l’autre à faire barriques.

Et se seraient aussi entrés dans les écuries à main droite en entrant,  la porte de laquelle s’est trouvée en bon état, si ce n’est un peu par le bas qu’elle commence à s’user, avec un loquet, un rastelier dans ladite écurie et cinq poteaux.

Et dudit lieu se seraient entrés dans la petite chambre du pavillon qui  y est joignant, n’y ayant à la porte d’icelle aucune serrure ni verroux, et est icelle porte assez bonne. En laquelle chambre y a un vieux coffre fermant à clef, une ? ?? avec sa serrure sans clef, avec deux méchantes couchettes d’aisse.

Et de là se seraient entrés dans la grange y joignant, la porte de laquelle est assez bonne, avec une méchante serrure sans clef  et l’autre portail ouvrant à deux, fort usée, y ayant aussi une méchante serrure sans clef , dans laquelle grange s’est trouvé onze pièces de limande ou madriers de bois de noyer, plus trois troncs, et trois vieux ???  de maies de treuil, une filière et seize pièces de bois à faire rouets de moulin.

Et dudit lieu se seraient entrés dans l’autre écurie à main droite en entrant, la porte d’icelle s’est trouvée un peu gâtée par le bas, y ayant un petit verrou, dans laquelle écurie il y a un rastelier et les fenêtres fermantes, et crèches.

Et dudit lieu ont entrés dans la grange à mettre bois dont la porte est fort bonne qui ferme à clef, et s’est trouvé dans icelle deux petites piles de fonçailles et quelque peu de demi-lattes, et outre quatre quenouilles de châlits et dix planches de bois de noyer.

Et d’icelle sont allés dans le treuil, y ayant une porte faite à barreaux avec la serrure sans clef et s’est trouvé dans icelui un vieux carosse, quatorze madriers, trois grands tonneaux et un pétrin, trois enchères plus deux maies de treuil dont l’une est de pierre avec les pressoirs et ce qui en dépend.

Et dudit lieu, les parties sont allées dans le cellier, la porte d’icelui étant assez bonne y ayant une serrure sans clef, et trois fenêtres fermantes, y ayant onze basses, un charreau, trois vieux baquets, neuf madriers ou planches avec les tins  pour mettre le vin, plus quatre vieux futs de pipes.

Et dudit lieu se seraient transportés dans la petite cour ou donjon où ils auraient remarqué  que le portail est gâté par le bas, auquel il y a des verroux par le derrière ; dans la galerie de laquelle s’est trouvé seize vieilles pipes fort dégarnies auxquelles il n’y a presque point de fond, plus quinze barriques en même état.

Et dudit lieu auraient monté sur le portail, le plancher duquel s’est trouvé fort mauvais et rompu en divers endroits, y ayant un bois de couchette.

Et dudit lieu auraient entré dans la chambre appelée la literie, ayant remarqué que la porte de laquelle est fort bonne, y fermant à clef, y ayant en ladite chambre des madriers au nombre de huit alentour des murailles, avec deux charniers de bois, trois méchantes basses.

Et de là auraient entré dans le petit cellier la porte d’icelui s’est trouvée fort usée fermant néanmois à clef, où s’est aussi trouvé un vieux saloir de bois, un madrier et deux planches.

Et de là sont entrés dans le fournil dont la porte s’est trouvée en mauvais état, à laquelle il y a serrure et clef, et s’est rencontré deux vieux coffres l’un desquels ferme à clef, plus deux ponnes enmurées à faire lessive, plus un moule à faire chandelles, plus deux ponneaux à mettre cendre.

Et sont aussi entrés dans la boulangerie y joignant, dont à la porte de laquelle il y a un gond qui y manque, et est icelle porte fort usée, y ayant deux maies à pétrir, avec une serrure plus deux vieilles mues à mettre chapons, un vieux coffre et un vieux bahut, une vieille barrique et un quart sans fond, une vieille chaise de bois, un vieux tablier pour faire pain.

Et dudit lieu auraient entré dans le logis, ou auraient vu que la première porte qui ferme à deux apletz est gatée par le bas, y ayant deux valets et un verrou par le derrière.

Et sont entrés dans la salle, la porte de laquelle s’est trouvée bonne et fermant à clef, y ayant une grande croisée et trois demies dont celles qui regardent vers le jardin et grande cour sont vitrées et grillées, fors trois à quatre losanges qui sont rompus, les chassis desquelles sont environ demi-neufs, et celles qui regardent  vers la petite cour sont vitrées et leurs chassis  comme les autres, sans grille toutefois, y ayant aussi une grande table rallongée, une autre qui est carrée, les deux de noyer, un vieux fût de forme avec un vieux travers là-dessus, douze chaires garnies de cuir rouge dont quelques unes sont rompues, douze tabourets embourrés, y ayant partie d’icelles fort usée et dégarnie, y ayant aussi quarante et quatre portraits attachés aux murailles.

Et de laquelle salle auraient été dans la cuisine où ils ont vu que la porte est environ demi usée, à laquelle il y a un loquet, et s’est trouvé en icelle une grosse table de cuisine avec deux vieux bancs fort usés, deux armoires dans la muraille dont l’une ferme à clef et l’autre sans fermeture par le bas. Et s’est aussi trouvé huit mousquets et deux vieilles arquebuses, un petit bassin à mettre vaisselle, deux crémaillères et une barre, deux landiers, la fenêtre de laquelle est grillée, et son chassis assez bon, auquel il n’y a qu’une partie qui soit vitrée, y ayant aussi deux aisses et rastelier à mettre pain .

Et ont entré dans la chambre dont on a trouvé la porte fermante à clef et qui est bonne, à la fenêtre de laquelle y a un grillon, y ayant un vieux saloir de bois et un terre à mettre cendre.

Et ont aussi été dans l’allée en laquelle il y a  une demi croisée dont le chassis en est demi usé et la vitre à laquelle y manque trois losanges.

Et de laquelle se seraient entrés dans la chambre, la porte de laquelle étant bonne, qui a une serrure sans clef avec un loquet à laquelle chambre y a deux demies croisées vitrées et grillées du côté du jardin, leur chassis fermant, y ayant un bassin à mettre verres, une table ronde de sapin, six escabeaux et une chaire y ayant aussi trois autres portes fort bonnes, dont celle qui entre en le petit cabinet ferme à clef, un petit cabinet attaché à la muraille, huit fusils et trois mousquetons, et ledit petit cabinet étant tout alentour garni d’aisses à mettre livres et une petite échelle pour y monter, la fenêtre étant vitrée et grillée et son chassis fermant.

Et ont entré dans l’allée qui conduit dans la chambre du pavillon, où s’est trouvé que la fenêtre qui y est est vitrée et grillée, ayant son chassis fermant et quelques vitres rompues, y ayant un châlit fort vieux, une berne servant de fond, la porte de laquelle chambre fermant à clef est assez bonne. En laquelle chambre y a deux châlits de noyer deux bernes pour servir de fond, une paillasse, un cabinet ou armoire de noyer, un coffre, deux petits landiers, à la fenêtre qui est vitrée et grillée il y manque cinq  lauzanges, une chaire de paille, la porte de la garde robe étant bonne, et une fenêtre fermant de son chassis qui est grillée et vitrée.

En l’allée qui va en la dépense il y a une fenêtre vitrée grillée à laquelle il y manque deux lauzanges, la porte de la dite dépense étant bonne et fermant à clef, y ayant dedans deux gardemangers garnis de toile fermant à clef, un verrier fait à barreaux, un dressoir à mettre vaisselle, deux armoires en la muraille fermant à clef, et la fenêtre avec son chassis qui est grillée, les portes des escaliers étant demi usées, dont l’une ferme à clef.

Et ont  aussi monté dans le grenier qui est sur le cellier, la porte duquel est bonne et fermant à clef, les fenêtres fermantes sont aussi grillées, deux grands paniers à porter le blé au van.

Et sont aussi entrés dans l’escalier qui conduit dans les chambres, dont la fenêtre qui regarde vers le jardin  est vitrée au haut et est grillée, son chassis étant assez bon,  et les autres fenêtres étant vitrées au haut, les chassis desquelles sont à demi neufs, les portes étant aussi bonnes et n’ont point de clef à leur serrure. A la chambre au dessus de la cuisine y a un fût de couchette,  la fenêtre est vitrée et son chassis en bon état .

La chambre au dessus le salon regardant vers la terrasse, la porte en étant assez bonne qui ferme à clef et les fenêtres vitrées au haut, dont l’une est le quart rompue, y ayant dans laquelle chambre deux petits landiers, une table de noyer ralongée, deux vieilles chaires et un tabouret embourré, une vieille porte pour entrer dans  les culs de lampe.                             .

Et de là sont descendus à la porte qui entre dans le jardin, laquelle ferme à clef, avec ses verroux et est gatée par le bas, y ayant une contreporte de fer à bandes.

Et dudit lieu auraient été dans la grange proche de l’aire dans laquelle il y a vingt trois madriers ou aisses servant à faire planches, la porte de laquelle avec sa claverie sont fort mauvaises.

La barrière du jardin et porte sont à demi usées et fermant à clef. Et ont remarqué lesdites parties qu’il n’y a nulle emblaison dans les jardins, et la réserve du grand jardin dans lequel il y a d’emblavé un en fèves environ la semence d’un bon mesure de Mareuil, et pour ce qui est des terres faites à la main dudit seigneur de Chaligné, il s’en est trouvé douze boisseaux ensemencés en seille, et trente boisseaux en garrache qui ont été levés. Et quant aux terres qui sont ensemencées dans les métairies dépendant de ladite maison de Chaligné, elles consistent, savoir celles de la métairie de la Porte en laquelle la veuve Joufraye fait sa demeure, en cinquante boisselées de froment, dix boisselées de seille, et au regard des bestiaux et bellines qui se sont trouvés dans les métairies et dépendances desdites parties par René de Malvresais et Jacques Flandroye qui l’ont apprécié à la somme de deux mille deux cent seize livres dans laquelle somme les métayers entre les mains desquels lesdits bestiaux se sont trouvés, y ont moitié.

Or ainsi ledit sieur de la Doespe n’est obligé que d’en laisser à la fin de sa ferme au dit seigneur de Chaligné que pour onze cent huit livres, et le nombre de soixante et cinq brebis, et quarante neuf agneaux, de toutes lesquelles choses lesdites parties en ont ainsi convenu, et s’est ledit sieur la Doespe obligé avec tous et chacun ses biens quelconques de rendre les lieux en pareil état qu’il en a trouvé, le tout suivant et au désir des clauses insérées dans ladite ferme recours à icelle si besoin est. A l’accomplissement et entretènement de ce que dessus, il a obligé comme dit est tous et chacun ses biens meubles et immeubles présents et futurs quelconques, renonçant à toutes choses à ces présentes contraires et préjudiciables, dont du consentement desdites parties, nousdits notaires les avons jugés et condamnés du jugement  et condamnation de ladite cour au pouvoir et juridiction de laquelle elles se sont soumises et leurs dits biens.

Quant à ce fait et passé audit lieu noble de Chaligné, notre juridiction les jour et an au dessus outre et s’est trouvé audit lieu de Chaligné environ ???   charretées de fumier suivant ce que les experts ont jugé que le dit sieur de la Doespe sera obligé à la fin de la ferme d’y laisser ou autant sur les dits lieux.


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